Histoire
Les découvertes de mobilier " lithique " permettent de constater une présence humaine dès la Préhistoire, sans pour autant relever de lieu d'habitat. Le Néolithique appelé aussi " âge de la pierre polie " est compris entre le mésolithique et l'âge des métaux soit entre 5000 et 2500 ans avant J.C. Les haches ou fragments en pierre polie ont été relevées à des endroits différents (vallée du Chéran, proximité de la motte féodale de la Reuzauderie, de la forêt de Lourzais et du bois de Fontenaille). Les matériaux employés sont principalement constitués par des dolérites, de la fibrolite, du silex et des grès. Les haches en dolérite sont les plus nombreuses comme il en est aussi dans notre région, il est à noter que cette roche provient d'un gisement des Côtes d'Armor. Des échanges commerciaux avaient donc lieu avec les populations d'Amorique. La vallée du Chéran est présumée être une voie de communication, en effet un nombre non négligeable de mégalithes parsème ses rives, de même que d'autres sont présagés par le relevé de la microtoponymie. A la sortie de l'agglomération en direction de La Rouaudière, à proximité du Chéran, au milieu du XIXème, un menhir s'est trouvé enseveli lors de l'extraction de sable pour la construction du pont, franchissant la rivière, situé sur le CD 110.
Source La Chevronnais CONGRIER JC Meuret
Source La Chevronnais CONGRIER JC Meuret
La photographie aérienne a fait apparaître, deux enclos de l'époque gauloise, aux extrémités communales nord et sud : la Chevronnaie et Beau-Soleil. Un sondage archéologique a été effectué, en 1998, sur les deux enclos superposés de la Chevronnais. Ce dernier a fourni des informations intéressantes sur la connaissance de ces structures, notamment en ce qui concerne la chronologie. Les tessons de céramique mis au jour ont été suffisants pour définir l'âge d'occupation du site. L'enclos quadrangulaire est attribué à la Tène finale soit selon toute vraisemblance au IIème siècle avant J.C., tandis que l'enclos à géométrie curviligne a été réalisé au Haut-Moyen-Age dans la période allant du VIIème au début du Xème siècle.
L'époque gallo-romaine nous a transmis une meule rotative. Celle-ci a été inventoriée en 1982 elle se situait dans l'environnement de la Petite Vengealière. Ce moulin à bras était utilisé pour le broyage des céréales nécessaires à la nourriture quotidienne et remplaçait les broyeurs à molette. L'aspect général, en forme et en appareillage, est, au premier regard, identique à celui des meules gauloises. Des innovations techniques ont été apportées par l'envahisseur romain. La rotation et le réglage des meules bénéficient de l'apport d'anilles placées de part et d'autre de l'oeillard supérieur. Les anilles sont contenues dans des cavités taillées en double queue d'aronde, elles servent pour le centrage et le calage, tandis que la meule dormante est dotée d'un oeillard traversant pour permettre le réglage des meules. Dans notre région, un nombre important de meules ou de fragments ont été mises au jour mais celle-ci est dans un état remarquable de conservation.
Le sondage archéologique de 1998 a déterminé une présence au Haut-Moyen-Age sur le site de la Chevronnais. En 1885 l'Abbé Desmottes entreprenait des fouilles dans l'environnement de la chapelle de la Monité. Cet édifice se situait dans l'enceinte du presbytère et fut détruit en 1835. Des restes de cercueils en calcaire coquillier y ont été découverts. Ces formes de sépulture sont attribuées aux mérovingiens. Au fur et à mesure de la christianisation des campagnes, à la période mérovingienne (VIè-VIIIè siècles), des églises furent élevées au milieu des cimetières. Les nouveaux lieux de culte devinrent alors le siège de paroisses rurales, eu égard à cette découverte nous pouvons présager de la constitution de Congrier dès cette époque.
Au XIème siècle, les premiers châteaux furent édifiés. Ils se constituaient d'un monticule entouré de douves, la terre de celles-ci formant l'élévation. La motte ainsi érigée supportait un donjon en bois. Une basse cour ceinte de fossés et de palissades attenait. Deux mottes seigneuriales ou féodales sont dénombrées, l'une près de la Reuzauderie, l'autre au lieu-dit éponyme. La première a jusqu'à ce jour traversé les siècles sans trop de dommages, tandis que l'autre après avoir été arasée est maintenant détruite. Les mottes, en certains lieux, ont précédé la construction de château fort. A la Reuzauderie l'espace occupée par la basse cour a livré consécutivement aux labours des rejets de céramique connue pour être fabriquée pendant la période allant de la fin du XIIIème jusqu'au XVème siècle.
La fondation de l'abbaye de La Roë en 1096 par Robert d'Arbrissel eut une influence considérable sur de développement économique de notre région. L'abbaye de La Roë reçut au XIIè la terre des Ecrennes de Jourdain d'Eancé, cette donation eut l'approbation de Renaud d'Iré qui attribua en complément le don de coutume du fer que les chanoines pourraient tirer de leurs forges. En ce qui concerne l'exploitation du fer le proche lieu-dit la Lande Foirière (déformation de la Lande Ferrière) est évocateur. Des ferriers sont répertoriés sur les exploitations de la Roche et de l'Oulerie. Les scories proviennent de bas fourneaux chauffés par le bois de la forêt voisine. Derrière la Roche Taillis la prospection aérienne fait apparaître un nombre important d'emplacements de meules charbonnières. Il est supposé que le fer servait à la fabrication d'outils nécessaires aux défrichements. En effet, les moines dirigèrent ces travaux, qui contribuèrent à l'augmentation de la production agricole, les arcs de défrichements sont toujours présents dans le contour de la forêt de Lourzais. De cette époque on relève, aussi, de nombreux noms de lieux finissant par "ière" et "erie".
Motte féodale de Congrier
Abbaye de la Roë
Panorama du Chantier et du Puits N°1 et 2 La Gauterie
En 1790 Congrier dépendait du District de Craon et était le chef lieu de canton pour Renazé, La Rouaudière, Saint-Aignan sur-Roë, Saint-Erblon-sur-Araize, Saint-Saturnin-du-Limet et Senonnes. Congrier, comme beaucoup de communes de l'Ouest, subit les troubles de la Révolution. L'église fut brûlée en 1794 en pleine guerre de chouannerie. Une plaque commémorative apposée dans l'église actuelle puis sur un mur de la sacristie rappelle la mémoire des martyrs de la terreur : André Royné et Alexandre Baudouin. André Royné prêtre de la paroisse, né à Savennières (49), fut noyé au gouffre de la Beaumette à Angers, Alexandre Baudouin né à l'Angebaudière le 15 octobre 1770 fut guillotiné à Craon le 24 juillet 1794.
Les limites communales actuelles ont été fixées suite à l'ordonnance royale du 27 septembre 1837 et confirmées par le procès-verbal du géomètre délimitateur du 31 mars 1838. Précédemment il existait une enclave paroissiale puis communale comprise dans les territoires de La Rouaudière et Saint-Aignan-sur-Roë dénommée fief ou territoire de Vildé. La superficie de cette enclave fut partagée entre les communes de Saint-Aignan-sur-Roë et La Rouaudière, Congrier en contre partie recevait le moulin de La Rouaudière, Fluxon, le Fléchère, la Foultière, la Pierre, le moulin de la Guiardière, la Prévoterie et la Chevronnais.
L'exploitation du schiste ardoisier a fortement marqué le développement économique de notre région. Victor Fourcault et Joannès Pré ont authentifié vers 1450 l'origine des ardoisières. Les moines de l'abbaye de La Roë exploitaient à cette époque l'ardoisière de la Roche Charbonnel nom devenu depuis la Roche Charbonneau. Une note de 1456 sur le registre de dépenses de construction et entretien du château de Laval mentionne l'achat de seize milliers d'ardoises de la Roche Charbonnel. La légende attribue à Saint Lezin moine puis évêque d'Angers la découverte dès le VIème siècle de la fissilité du schiste ardoisier et la manière de l'exploiter. Une chapelle sous son vocable, malheureusement en état de délabrement avancé, rappelle l'ancienneté de cette activité. A la fin du XIXème deux exploitations sont en activité. Les ardoisières de la Barre près du bourg employaient dans son ensemble une centaine de fonceurs et fendeurs, tandis que les ardoisières de la Gauterie avec un mode d'exploitation différent occupaient le double de personnel ; cette dernière a cessé son activité en 1949.
Texte de Mr TRIDEAU Didier
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Canton de St Aignan sur Roë Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne.
Un querneur La Gauterie